30 mai 2006

Chava Alberstein

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Ecoute d'autres extraits sur ce site :
http://www.aviv2.com/chava/


Encore peu connue en France, Chava Alberstein est une très grande voix de la world music.
Née en Pologne, résidant en Israël, elle se produit en concert dans le monde entier et contribue admirablement à la renaissance de la culture yiddish que l’on avait pu croire perdue et qui intéresse désormais de plus en plus d’artistes. A écouter notamment « The Well », un album de poèmes yiddish qu'elle a mis en musique et où elle est accompagnée par le groupe le plus dynamique de la scène klezmer new-yorkaise, "The Klezmatics" (voir plus haut).

Sites ressources de musique Klezmer

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° Site genevois de la musique klezmer avec une foule d'informations et notamment un historique très complet et attractif (en français et en anglais).
http://borzykowski.users.ch
Ecoute en ligne.

° Site allemand où l'on peut trouver quantités de partitions klezmer traditionnel gratuites.
http://www.stifterhof.de/12.htm

° Site russe où, là encore, il y a de nombreuses partitions de klezmer traditionnel gratuites.
http://klezmer.com.ua/repetoire/repetoire1.php


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Extrait musical du groupe berlinois "17 hippies".

05 mai 2006

UN COSTARD POUR MA RETRAITE



Tout le monde a ses p'tites manies, j'y ai pas échappé le jour où j'me suis fait la malle de mon Q.G - où j'étais le big boss du pays - pour me mettre au vert en pleine cambrousse dans une belle thurne pointue le long du fleuve. A vrai dire, j'ai pas choisi de quitter ce super job : obligé pour raison, disons biologique.
Dans mon pays, on est accro des simagrées, vous allez vous en rendre compte par vous-même ; avant d'embarquer sur le bac avec tout mon fourbi pour rejoindre ma nouvelle baraque, vous pouvez pas imaginer par où j'suis passé. Enfin, pour être franc, tous ces salamalecs m'ont laissé froid comme un iceberg , même s'il faisait 40 degrés à l'ombre !! Que j' vous raconte.
On s'est barré de l'immeuble du gouvernement vers six plombes du mat'. J'étais avec douze play-boys au crâne rasé, mes gardes du corps. Il faisait déjà vachement chaud. Des meufs, qui pissaient la larme et youyoutaient à qui mieux mieux, nous filaient le train. On est arrivé à l'ouest de la ville, sur les hauteurs, à l'Institut pour gens friqués. Tout le monde était à mes pieds, aux p'tits soins. Logique.
On m'a foutu à poil, allongé sur une chaise longue en peau de chameau, style Le Corbusier et voilà t'y pas que se pointe toute une équipe de mecs en robes blanches avec des masques. Ils se sont mis à me tripoter dans tous les sens. Accrochez-vous au bastingage, c'est pas ragoûtant ! En guise d'apéro, le vidage de la tête. Bref, un des mecs a pris un crochet en fer, a traversé mon os ethmoïde et s'est mis à titiller l'intérieur du ciboulot. Et que j'te triture dans tous les sens, et que j'te remue ça comme une mayonnaise. Tournez-pas de l'oeil, ça n'fait que commencer ! De la bouillie qu'il a fait avec mon encéphale ; tout le jus est sorti par le trou du crochet. Après, ils ont fourré dedans de la soude pour dissoudre le reste des boyaux de la tête. Ils ont ajouté de la sciure de bois. C'est encore après qu'ils ont coulé dans mon crâne un mélange de résine, de cire et d'huiles. Il paraît que c'est une mixture qui coûte un paquet de pognon. Cinéma tout ça, c'est tout de même pas du Chanel 5 !
Partez-pas pisser, on n'est pas encore à l'entr'acte. Avec une pierre aiguisée, coup sec, un autre des rigolos en blanc m'a fendu le côté droit du bide. J'vous dis pas le tableau. Tous les boyaux à l'air, le foie, les reins, l'estomac, les poumons tout le toutim. Sauf le coeur qu'ils ont laissé à poste. Et vas y que j'te rince tout ça au pinard. Et que j'te refourre le paquet dans le tiroir avec des lingettes imbibées de bicarbonate. Un p'tit saupoudrage de plantes broyées par là-dessus et en avant la couture ! Surfilage à grands points, on referme. Bourré l'patron !
Allez, j'vous laisse reprendre votre souffle. Récréation : Bonbons acidulés, chocolats glacés, caramels ! Remarquez, le plus dur est fait. Bon ! On reprend. Ils m'ont sorti sur la terrasse et je m'suis retrouvé avec mon transat en peau de bête en plein soleil. Pas le moindre p'tit verre de pif à l'horizon. Et imaginez combien de temps on m' a laissé m'dessécher comme ça : trente-cinq jours.
Vous imaginez ? Dur, dur, surtout sans casquette ni lunettes de soleil ! J'avais le cuir plus tanné que la selle d'un vieux cow-boy. Alors on m'a ramené dans une des pièces de l'Institut pour m'asperger de flotte et d'huile, histoire de redonner de la souplesse à ma peau. Question mirettes, c'était pas le pied. Fondues dans leurs orbites. Alors, Ils ont viré les bouts de bidoche qui restaient et mis des yeux de verre à la place. Je devais avoir un regard à tomber raide, mais y'avait aucune gonzesse à l'horizon.
Puis des types se sont pointés avec des bandes de tissu enduites de résine. On se serait cru dans un chantier naval. L'un d'eux portait les bandes, l'autre emmaillotait. Il a commencé par les doigts des panards et puis il est remonté. Tout ce mic mac a pris un temps fou, sept couches de bandelettes qu'ils ont mis. Un sacré costard pour ma retraite ! Cette fois, j'étais prêt à prendre le large, j'avais tout à fait la gueule de l'homme invisible. Et pour cause, on m'a enfermé dans trois boîtes gigognes et roule ma poule, direction le port fluvial.
Embarquement immédiat avec le bahut de la grand'mère, la cage du serin, le piano désaccordé, les plantes vertes, le canapé convertible, le fiston, les cousins et les nanas qui continuaient à chialer. Cap au sud, c'est un remorqueur à voile qui tirait tout le bazar. Enfin, on est arrivé, c'était pas trop tôt. La baraque était carrément nickel. Vraiment classe et vaste avec ça. Pas beaucoup de fenêtres, c'est vrai, mais bonus : fraîcheur à l'intérieur. Quand tout le monde est reparti, j'me suis senti vraiment pénard. Le problème, c'est que ça fait trente siècles que je suis ici tout seul, et que je m'emmerde à crever. Même pas un p'tit pétard à s'fumer de temps en temps ! Vous pourriez-pas me sortir de là et me foutre au musée du Caire ?

Nina


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